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Raymond PHILIPPON

Raymond Philippon est un monsieur de plus de 90 ans, né à Anvers en 1926, pour être précis. Malgré son âge, Raymond a encore une mémoire vivace et le verbe éloquent. Cet ingénieur ECAM en électromécanique a eu un parcours fort intéressant : pendant 25 ans, il a été directeur technique d’une cartonnerie à Grand-Bigard, entreprise qui avait des succursales dans toute l’Europe. Il a donc voyagé pendant de nombreuses années. Par la suite, en raison de son licenciement de la cartonnerie par les nouveaux acquéreurs qui s’installaient avec leur staff, il a assuré la comptabilité de Médecins Sans Frontières (MSF) pendant 10 ans où il a eu énormément de travail vu l’extension des activités de cet organisme sur cette période.Raymon Philippon

Nous sommes en 1936-38 et Raymond a environ 11 ans. Raymond était un petit garçon turbulent et, avec son grand ami, Henri Devreux, il avait décidé de confectionner une bombe. Ils avaient appris qu’il fallait du salpêtre pour la préparer. Ils s’en vont tous les deux chez le droguiste de Braine-le-Château, droguerie Van Dam, pour acquérir un demi kilo de salpêtre. Comme ils n’ont pas d’argent, ils ont inventé que c’était une commande du directeur de l’école et que ce dernier viendrait payer plus tard. Le droguiste cède donc à leur demande et les voilà partis remplir un gros tuyau avec leur salpêtre pour fabriquer leur bombe qu’ils jetteraient sur les flamands de l’école ! La bombe n’a jamais explosé mais ils se sont bien amusés ! Le droguiste n’a jamais été payé !

En humanités, Raymond est au collège de Nivelles et Henri à l’athénée de cette même ville mais ils sont toujours grands copains. On est en pleine guerre et les Allemands bombardent Nivelles et sa collégiale. Lors de la reconstruction de la collégiale, les ouvriers ont mis au jour un ossuaire qui a fait le bonheur de ces garnements de l’époque. Henri a subtilisé un crâne et Raymond un tibia qu’il camoufle à moitié dans son cartable. Henri plante ce crâne sur un piquet dans le jardin. Dès que sa mère a aperçu la scène, il s’est fait bien sûr copieusement enguirlandé : « Que va faire ce personnage lors de la résurrection des morts s’il n’a plus de tête ??? ».

Raymond était scout au collège et a été chef de patro à Braine-le-Château. Son frère, Pierre Devreux et Fernand Lepoivre faisaient aussi partie de ce mouvement de jeunesse.

Raymond dirigeait des camps de 50 jeunes à Beffe, le long de l’Ourthe. Il y avait dans ce village un domaine bien équipé pour jeunes, domaine appartenant à la famille d’un vicaire de Braine-le-Château, l’abbé Meert.

C’était en pleine guerre et Raymond visitait toutes les fermes aux alentours pour mendier de quoi manger pour ces jeunes en pleine croissance.

Le fait marquant relatif à Raymond et qui occupe cette chronique est son attachement à l'espéranto. C’est au collège de Nivelles que cette aventure a commencé avec l’un de ses professeurs, prêtre anversois, qui a inculqué cette langue internationale à Raymond et à ses camarades. Raymond l’a « exportée » à Braine-le-Château et a créé un club avec une douzaine d’enthousiastes dont faisait partie Philippe Cullus. Raymond précise que c’est Philippe, officiellement le secrétaire, qui abattait le plus de travail et était réellement son bras droit. A deux, ils ont organisé plusieurs réunions de leur club chez les parents de Philippe, artistes pianistes, et ils chantaient ensemble en espéranto. Raymond continue encore à le pratiquer et l’a enseigné jusqu’en 2015, avec sa dernière élève qui est partie habiter à Bouge. Il est abonné à une revue internationale appelée : esperanto aktuala. Il dit que c’est une langue très facile à apprendre et qui a conquis de nombreuses personnes qui le parlent toujours dans le monde.

Tant qu’il avait sa voiture, il allait tous les mercredis à Bruxelles dans une maison appartenant à la communauté européenne (parce que le président était chef traducteur aux communautés), et il assistait à des réunions et des conférences où on ne parlait que l'espéranto.

Après la mort de son épouse qu’il adorait, Raymond vit seul depuis plus de 20 ans. Il a 3 filles et 5 petits-enfants. Il ne s’ennuie jamais et a un parcours intellectuel remarquable : il a étudié les religions anciennes, lu le Coran à deux reprises et n’a jamais décelé dans cette lecture un quelconque appel à la violence. Il a aussi perfectionné ses connaissances en mathématiques (algèbre, géométrie, trigonométrie, calcul intégral et un peu de théorie quantique).

Actuellement, il photocopie les 50 chapitres d’un manuel de biologie Campbell édité par les éditions De Boeck, manuel qu’il illustre par plaisir. Il retrace ainsi la croissance des végétaux, l’anatomie humaine, etc.

Malgré les difficultés rencontrées au cours de son existence, Raymond estime « qu’il a eu une belle vie ».

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Lors d’une mission pour « Médecins Sans Frontières »