Aller au contenu. | Aller à la navigation

Navigation

Navigation
Menu de navigation
Vous êtes ici : Accueil / Loisirs / Tourisme / PILORI

RESTAURATION DU PILORI

Commune Restauration du pilori septembre 2018

LE PILORI, ce symbole brainois bientôt restauré

«Maximilian de Hornes de Gasbecke chevalier de l'Ordre de l'Emper. Charles -1521 † »

Telle est l’inscription qui figure sur le phylactère à la base de la lanterne du Pilori de Braine-le-Château. Vous ne l’avez jamais vue ? Cela ne sera bientôt plus le cas.

Le Pilori de Braine-le-Château, ce monument, en pierre bleue de style gothique tardif, cher à tous les brainois, va faire peau neuve.

Etude du Pilori

Le projet de restauration et de remise en valeur du pilori et de ses abords a été confié en 2014 au bureau d’architecture Coster & Vanden Eynde Architectes sprl. d’Enghien spécialisé, depuis sa création en 1980, dans la conservation, la restauration et la mise en valeur du patrimoine monumental.

L’aboutissement du projet du pilori résulte de plusieurs réunions avec l’Auteur de Projet, la Commune, des experts locaux et des représentants de la Commission des Monuments, Sites et Fouilles et du Service Public de Wallonie, département du patrimoine. Les réunions portaient sur les études et propositions de l’Auteur de Projet qui a ausculté le monument suivant trois axes qui ont été constamment confrontés ;

1° la source monumentale, c’est-à-dire les informations accessibles par une observation approfondie du monument,

2° la source d’archive, c’est-à-dire les informations récoltées à propos du monument mais se trouvant en dehors de lui,

3° la source contextuelle, c’est-à-dire les informations n’ayant pas directement trait au monument mais aidant à sa compréhension : autres œuvres semblables, héraldique, étude du contexte historique.

La conclusion de cette confrontation des sources est que le pilori est un monument à consonance politique érigé en 1521 par le seigneur local, dans une période tourmentée où les principes de l’église étaient remis en question (Luthéranisme naissant). La référence au seigneur est reprise en toutes lettres sur un phylactère formant le chapiteau de la colonne centrale. Ses armoiries devaient également s’y trouver mais elles ont disparu.

Le pilori est de style gothique tardif, et emprunte dans sa conception les principes gothiques du tracé régulateur et du contraste ombre et lumière.

Le pilori était à l’origine composé d’un socle à gradins, d’une colonne centrale et d’une lanterne composée de colonnettes périphériques et d’une colonnette centrale, recouverte d’une toiture.

Un épi ou une croix devait ponctuer la toiture.

Le pilori a subi plusieurs restaurations, qui ont conduit au renouvellement complet des pierres de la lanterne (1849-1852) et à la restauration parfois malheureuse des pierres du socle (1960).

La colonne centrale du pilori a été entourée de ferronneries pour soutenir la pierre de socle de la lanterne, mais rien ne dit qu’elles ne sont pas d’origine.La colonnette centrale de la lanterne pouvait-être surmontée d’un chapiteau. Elle a été cassée, probablement en raison de sa grande hauteur.    

Le pilori a été sauvé de la destruction grâce à des subsides de l’état (1843), conditionnés à l’adjonction d’une  fontaine à sa base. Il a été classé par Léopold III, en 1936 , en raison de sa valeur artistique, archéologique et historique.

Projet du Pilori

Le projet débattu pour le pilori consiste en la conservation-restauration stricto sensu des pierres et ferronneries du monument, ainsi qu’en l’ajout réversible d’éléments disparus, de manière à rétablir la silhouette inhérente à sa fonction primitive et donc à sa compréhension.

Pour ce qui est de la restauration, la philosophie d’intervention est la préservation de la matière originelle du monument : il vaut mieux restaurer que remplacer, et entretenir que restaurer…

Pour ce qui est de l’ajout réversible d’éléments disparus, la philosophie d’intervention a été de figurer les éléments bien connus par les documents d’archive et de compléter de manière contemporaine et sobre le reste des éléments disparus, mais non précisément définissables.

Pour ce faire, la colonnette centrale de la lanterne, la toiture et son épi seront réalisés en métal, un matériau identifiable comme non originel. Le tout sera peint en gris légèrement plus foncé que la pierre. Des éléments en béton aspect pierre seront insérés à la base de la colonne métallique pour figurer la colonnette centrale que l’on retrouve sur de nombreuses gravures et écrits.

Afin de faire apparaitre les armoiries de Maximilien de Hornes de Gaasbeek sur le nouvel élément, et comme on ne peut affirmer leur situation, il est proposé de les découper dans les tôles formant la toiture.

N’ayant aucune certitude sur la modénature de l’épi de toiture, l’élément sommital sera la prolongation des arrêtes de la toiture pour former un cône et une petite flèche discrète. La structure apportée a été conçue pour être réversible. Cela sera garanti par un système de fixation n’impliquant aucune altération des pierres.

Enfin, les bacs des fontaines situés à la base du pilori, et qui ne sont pas originels (ajout du XIXème siècle) seront maintenus, car ils font partie du monument, mais ils auront une nouvelle fonction. Ils serviront de base à l’insertion de plaques informatives sur le monument.

 

Abords du Pilori

L’ensemble de la place dans sa configuration actuelle date des années mil-neuf-cent septante. Auparavant le pilori était situé au centre d’une place formée par trois côtés d’habitations et de commerces et un côté par la maison du Bailli. L’église actuelle date de 1860.

Le pilori était placé sur une "butte" et surplombait le bas de la place, côté château et église. Aujourd'hui le pilori disparait dans le paysage notamment à cause du long mur contre terre le séparant de la route principale, mais aussi parce qu’on ne tourne plus autour. Il est situé entre deux voiries parallèles et se retrouve à l’about d’un parking.

Outre le projet d’aménagement des abords du pilori, le bureau d’architecture a proposé une réflexion d’aménagement de l’entièreté de la place.

Le nouvel aménagement sera centré sur le pilori, et les cheminements suivront les circulations piétonnes définies par l’usage. Une esplanade circulaire sera réalisée autour du pilori. Les différents chemins viendront s’y greffer. Entre chaque chemin, des bancs formant la limite de l’espace circulaire seront intégrés. Afin d’offrir une unité d’ensemble et une sobriété dans l’intervention, les bancs sont réalisés dans le même matériau que le sol et dans sa continuité. Des luminaires seront intégrés aux bancs.

Afin de remettre le pilori en valeur depuis la voirie régionale, le mur contre terre sera ouvert dans l’axe du monument. Un nouveau cheminement y sera réalisé. Un emmarchement, nécessaire pour rattraper la déclivité du terrain formera un socle au pilori, à la manière de l’ancienne butte en terre.

Le souhait et l’ambition du conseil communal est que cet emblème redevienne le point de rendez-vous et de délassement favori des Brainois, à la hauteur de son caractère exceptionnel, au pied de bientôt 500 ans d’histoire…