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Suzanne DOSSOGNE

Le Centre communal de Documentation poursuit ici, dans la rubrique « Chroniques du terroir », la publication d’anecdotes vécues par nos ainés et recueillies par Martine Hazard. Nous continuons avec les souvenirs de Suzanne Dossogne.

 

Suzanne DOSSOGNE (Née le 22 janvier 1925) ne manque pas d’humour. Ecoutez-là nous parler d’Augusta.

J’ai connu, il y a plus de cinquante ans, une paroissienne qui habitait rue Mathias, bien loin derrière les monts.

Elle avait un certain âge, se prénommait Augusta, avait une forte stature, une voix grave, une jambe tordue, de sorte qu’elle marchait avec un fort déhanchement.
Cela ne l’empêchait pas, chaque dimanche, de descendre en traînant la patte, vers l’église, pour assister à la messe de huit heures.
A cette époque, il fallait être à jeun pour se présenter à la sainte table, aussi ma maman l’invitait-elle parfois à prendre son petit déjeuner chez nous avant de rentrer chez elle par ce dur chemin.
Elle nous racontait ses pèlerinages. Elle s’était rendue à Bon-Secours : « J’astous binêche de vir Notre-Dame de Bons-Secours, ça c’est ‘s ten bone ! » (J’ai été contente de voir N.D de Bon-Secours, ça c’est une bonne !)
Nous ne savions pas qu’il y avait des degrés d’efficacité pour les vierges des pèlerinages.
Une autre fois, elle s’était rendue à Montaigu par chemin de fer ; elle avait noté dans un carnet tous les noms des gares par où elle était passée. Parmi ces stations, il y avait une gare nommée INGANG (entrée) et une autre UITRIT (sortie).
Il y avait autrefois dans le choeur de l’église deux statues de même gabarit, l’une représentant Saint Remy et l’autre Saint Hubert, toutes deux coiffées de leur mitre d’évêque.
Suite à un souffle de renouveau, les autorités ecclésiastiques avaient conseillé de retirer des églises les statues excédentaires.
C’est ainsi que celle de Saint Hubert avait été mise de côté, tandis que Saint Remy, en tant que patron de la paroisse, était resté sur son socle.
Un jour, Augusta, en avance pour la messe, remonte la nef en claudiquant avec l’intention de mettre un sou dans le tronc de Saint Hubert. Elle arrive au banc de communion et toute éberluée, grommelle bien haut : « Djin vi pu Saint Hubert où c’qui l’est Saint Hubert ? » (Je ne vois plus St Hubert, où est-il ?)
Madame Heyvart, Tante Adèle pour les intimes, agenouillée à proximité, lui répond en désignant Saint Remy : « Allez à c’ti-la, c’est s’cousin ! » (Allez à celui-là, c’est son cousin).
J’en ris encore…………